Starship Flight 11 : un vol parfait pour clore l’ère du Starship V2

Le Starship Flight 11 de SpaceX sur son pas de tir à Starbase, prêt pour le lancement du 13 octobre 2025, au lever du soleil sur le Texas.
Le Starship Flight 11 de SpaceX sur son pas de tir à Starbase, au Texas, avant son lancement prévu dans la nuit du 13 au 14 octobre 2025. Crédit: SpaceX

Starship Flight 11 : un vol parfait pour clore l’ère du Starship V2

Tous les objectifs atteints pour SpaceX

Le 13 octobre 2025 à 6h23 p.m. (01h23 heure de Paris), SpaceX a lancé avec succès le onzième vol d’essai du Starship depuis sa base de Starbase, au Texas. Ce vol, désigné Integrated Flight Test 11 (IFT-11), marque la fin d’une étape majeure :  c’était le dernier vol du Starship version 2.0 et du Super Heavy de première génération, ainsi que le dernier lancement depuis la configuration actuelle du Pad 1. SpaceX a confirmé que tous les objectifs principaux de la mission ont été atteints, ouvrant la voie à la prochaine génération du lanceur.

Un décollage et une ascension nominale

Le Super Heavy B15 a allumé ses 33 moteurs Raptor simultanément, propulsant la fusée avec puissance au-dessus du golfe du Mexique.

La montée s’est déroulée sans anomalie, avant la séparation des étages par la manœuvre dite de hot-staging, où les moteurs du vaisseau Starship Ship 38 s’allument alors que ceux du premier étage s’éteignent progressivement. Cette technique, utilisée depuis le vol 9, permet de maintenir une poussée continue lors de la transition entre les deux étages.

Le retour réussi du booster Super Heavy

Après la séparation, le booster B15 a effectué une manœuvre de retour (boostback burn) en direction de sa zone d’amerrissage pré-planifiée, au large du Texas. Douze moteurs sur les treize prévus ont été rallumés durant cette phase, puis le treizième moteur — qui ne s’était pas rallumé pendant le boostback — a été réactivé pour la phase finale du freinage.

Le Super Heavy a exécuté avec succès une séquence de descente inédite, testée pour la première fois :

  • Allumage de 13 moteurs pour la poussée principale,

  • Transition vers 5 moteurs pour la phase de déviation (divert phase),

  • Fin de freinage sur 3 moteurs centraux, avant de stabiliser le lanceur en vol stationnaire au-dessus de l’eau,

  • Puis coupure moteur et amerrissage maîtrisé dans le golfe du Mexique.

Cette manœuvre expérimentale sera réutilisée sur la version 3 du Super Heavy, dotée d’une redondance moteur accrue.

Déploiement des simulateurs et rallumage orbital

Le Ship 38 a poursuivi sa trajectoire suborbitale, atteignant la vitesse et la trajectoire prévues. Pendant cette phase, le vaisseau a déployé huit simulateurs de satellites Starlink, identiques en taille à ceux de la future génération.

Le vaisseau a également réussi le troisième rallumage en vol d’un moteur Raptor, démontrant une capacité essentielle pour les futures missions orbitales et les changements de trajectoire dans l’espace.

Une rentrée atmosphérique exemplaire

La séquence de rentrée, toujours la plus critique, a permis à SpaceX de collecter des données précieuses sur le comportement du bouclier thermique. Certaines zones du vaisseau avaient été intentionnellement fragilisées (tuiles retirées) pour tester la résistance structurelle dans des conditions extrêmes.

Le Starship a ensuite exécuté une manœuvre dynamique d’inclinaison destinée à simuler le profil de vol d’un futur retour direct vers Starbase.

Le vaisseau a utilisé ses quatre volets de contrôle pour se guider avec précision jusqu’à sa zone d’amerrissage dans l’océan Indien, au large de l’Australie. Il a terminé sa mission par un flip final, un atterrissage moteur, et un amerrissage doux parfaitement contrôlé.

Fin d’une ère, début d’une autre

Avec ce vol, SpaceX clôt l’ère du Starship V2 et prépare désormais la version 3.0, plus grande, plus puissante et intégrant un système de récupération complet. Plusieurs exemplaires de la nouvelle génération sont déjà en assemblage et en test à Starbase.

Ces véhicules serviront aux premiers vols orbitaux complets, aux missions opérationnelles de déploiement de charge utile, aux transferts d’ergols en orbite, et à la préparation du Starship lunaire du programme Artemis. SpaceX confirme que l’objectif reste inchangé : parvenir à un véhicule entièrement et rapidement réutilisable, capable de desservir l’orbite terrestre, la Lune, Mars et au-delà.

Le Starship Flight 11 est une réussite totale. Chaque étape clé — de la montée initiale à la descente contrôlée — a permis de valider les dernières technologies du Starship V2 et du Super Heavy de première génération. Ce vol marque le passage historique vers la version 3 du lanceur, qui doit amorcer les premières missions orbitales et lunaires dans les mois à venir.

Source

Le communiqué publié par SpaceX est ici


Article publié le 13/10/2025

Starship Flight 11 : un nouvel essai ambitieux pour SpaceX

Le onzième vol d’essai du Starship, la fusée géante de SpaceX, est sur le point de décoller depuis Starbase, au Texas. La fenêtre de tir s’ouvrira ce lundi 13 octobre à 6h15 p.m. heure locale (01h15, heure de Paris). Comme pour les précédents essais, le calendrier reste susceptible d’évoluer en fonction des conditions météo et des paramètres techniques. Le vol sera retransmis en direct sur le site officiel de SpaceX (anglais) et en français sur notre page dédiée environ 30 minutes avant le lancement.

Objectifs du vol : tester la prochaine génération du lanceur

Ce nouveau test s’annonce comme l’un des plus ambitieux du programme. SpaceX entend pousser plus loin les démonstrations réussies du Flight 10, tout en préparant la future version du lanceur, dite Super Heavy V3. L’entreprise d’Elon Musk compte récolter des données précieuses sur les dynamiques moteur, la résistance thermique du vaisseau et la précision des manœuvres de retour.

Les objectifs principaux de ce vol sont les suivants :

  • Tester une nouvelle configuration de freinage moteur du booster pour améliorer la stabilité en descente.

  • Soumettre le bouclier thermique du vaisseau à des contraintes extrêmes, avec plusieurs zones de tuiles volontairement retirées.

  • Déployer huit simulateurs Starlink, équivalents en taille aux satellites de nouvelle génération.

  • Rallumer un moteur Raptor en vol, une étape cruciale pour les futures missions orbitales.

  • Effectuer une manœuvre de retour dynamique, simulant l’approche finale d’un vaisseau revenant à Starbase.

Le lancement en direct

Le lancement est prévu dans la nuit du 13 au 14 octobre à 01h15, heure de Paris

Le booster Super Heavy : une nouvelle chorégraphie de moteurs

Le booster (B15) utilisé pour ce vol a déjà volé lors du Flight 8. Ce vol marque également le dernier test de la version actuelle du Starship, dite V2, avant le passage à la configuration V3, qui introduira de nouvelles structures internes, des moteurs améliorés et un système de récupération plus complet.

Équipé de 24 moteurs sur 33 Raptor déjà éprouvés en vol, il testera pour la première fois une séquence de freinage multi-phases, appelée à devenir la norme sur la prochaine génération de Super Heavy.

Vue rapprochée des moteurs Raptor installés sur le booster Super Heavy de SpaceX, utilisés pour le vol d’essai Starship Flight 11.
Les moteurs Raptor du booster Super Heavy B15, cœur de la puissance du Starship Flight 11. Ce vol testera une nouvelle séquence d’allumage à 13, 5 puis 3 moteurs. Crédit: SpaceX

La descente s’effectuera en plusieurs étapes :

  1. Allumage de 13 moteurs pour amorcer la phase de freinage principal.

  2. Transition vers 5 moteurs pour la phase dite de “divert”, permettant d’ajuster la trajectoire du lanceur.

  3. Passage sur 3 moteurs centraux pour les derniers mètres, jusqu’à un vol stationnaire au-dessus de la mer avant coupure.

Cette configuration doit permettre de tester la redondance moteur et de mieux comprendre les effets dynamiques liés aux arrêts successifs des moteurs pendant la descente. Le booster terminera son vol par un amerrissage contrôlé dans le golfe du Mexique, sans tentative de récupération par la tour Mechazilla.

Le Booster Super Heavy B15 de SpaceX, utilisé pour le vol d’essai Starship Flight 11, en transfert vers le pas de tir à Starbase, Texas.
Le Booster Super Heavy B15 en déplacement vers le pas de tir à Starbase avant son intégration au vaisseau Starship Ship 38. Ce booster réutilisé avait déjà volé lors du Flight 8. Crédit: SpaceX

Le vaisseau Starship : stress-test du bouclier thermique et manœuvre de retour

L’étage supérieur, le Ship 38, effectuera plusieurs démonstrations critiques :

  • Le déploiement de huit charges factices Starlink, pour valider le mécanisme de mise en orbite.

  • Le rallumage d’un moteur Raptor en vol, démontrant la capacité du Starship à effectuer des corrections de trajectoire.

  • Le test du bouclier thermique, avec des zones volontairement exposées. Certaines tuiles ont été retirées dans des secteurs sans revêtement de secours afin d’étudier la tenue des structures à très haute température.

  • Enfin, une phase de retour dynamique simulera la trajectoire qu’adoptera le vaisseau lors d’un futur retour sur le site de lancement. Le Starship effectuera un virage contrôlé, avant de tester de nouveaux algorithmes de guidage subsonique, puis d’amerrir dans l’océan Indien.

Cette dernière étape doit permettre d’analyser le comportement du véhicule à basse altitude, une phase cruciale pour les futures tentatives de récupération intégrale.

Le Starship Flight 11 de SpaceX fixé sur la tour Mechazilla à Starbase, au Texas, en préparation pour son lancement du 13 octobre 2025.
Superbe vue aérienne du Starship Flight 11 attaché à la tour Mechazilla à Starbase, Texas. Ce lanceur géant, composé du booster Super Heavy B15 et du vaisseau Ship 38, est prêt pour le onzième vol d’essai du programme, le dernier à utiliser la version 2.0 du Starship avant la transition vers la V3. Crédit: SpaceX

Déroulement prévisionnel du vol

Le vol durera environ 1 heure et 6 minutes. Voici les principales étapes prévues selon la chronologie communiquée par SpaceX :

Schéma du vol Starship Flight 11 de SpaceX, montrant les principales étapes du lancement, de la séparation, de la rentrée et de l’amerrissage.
Profil de mission du vol Starship Flight 11 : ascension, séparation par hot-staging, retour du booster dans le Golfe du Mexique et amerrissage du vaisseau dans l’océan Indien. Crédit: SpaceX
  • T+00:00 → Décollage

  • T+01:02Max Q (moment de la pression dynamique maximale)

  • T+02:37 → Coupure des moteurs principaux du booster (MECO)

  • T+02:39 → Séparation et hot-staging (allumage du deuxième étage avant l’arrêt complet du premier)

  • T+06:20 → Début du freinage du booster

  • T+06:36 → Coupure des moteurs et amerrissage dans le golfe du Mexique

  • T+18:28 → Début du déploiement des charges factices Starlink

  • T+37:49 → Rallumage d’un moteur Raptor en vol

  • T+47:43 → Entrée atmosphérique du Starship

  • T+01:06:25 → Amerrissage du vaisseau dans l’océan Indien

Le Starship Flight 11 marque une nouvelle étape dans la quête de SpaceX pour la réutilisabilité totale de son système de lancement. Ce vol, à la fois technique et stratégique, permettra d’affiner la conception du Super Heavy, de renforcer la fiabilité du bouclier thermique, et de préparer les futures versions capables de revenir directement sur leur pas de tir. Ce vol marquera la fin du Starship version 2. À partir du vol 12, SpaceX inaugurera la version 3, plus puissante, plus haute et dotée d’un bouclier thermique amélioré.

Lancement Starship : Prochain direct le 14/10/2025

Source

La page consacré à ce vol sur le site de SpaceX est ici. Pour suivre le lancement en direct c’est ici.