Airbus concevra la plateforme d’atterrissage du rover ExoMars

Airbus concevra la plateforme d’atterrissage du rover ExoMars
Illustration de l'atterrisseur martien construit par Airbus - Copyright Airbus

Airbus concevra la plateforme d’atterrissage du rover martien ExoMars

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) a confié à Airbus la conception de la plateforme d’atterrissage de la mission ExoMars. Ce projet ambitieux vise à faire atterrir le rover Rosalind Franklin sur la planète rouge en 2030 pour rechercher des traces de vie sous sa surface.

Un défi technologique majeur

Sélectionné par l’ESA et Thales Alenia Space (TAS), Airbus aura la responsabilité de développer les systèmes clés qui assureront un atterrissage sécurisé sur Mars. Ces systèmes comprennent les modules mécaniques, thermiques et de propulsion, ainsi qu’une structure d’atterrissage équipée de rampes permettant le déploiement sécurisé du rover sur le sol martien. Cette plateforme devra notamment ralentir la descente du module à la fin de la phase de parachutage, en passant de 45 m/s à moins de 3 m/s grâce à des rétrofusées.

Le rover Rosalind Franklin : une mission scientifique ambitieuse

Construit par Airbus dans une salle blanche à Stevenage (Royaume-Uni), le rover Rosalind Franklin est le premier véhicule martien conçu pour forer jusqu’à deux mètres sous la surface. Il analysera les échantillons afin de détecter d’éventuelles traces de vie passée ou présente sur Mars. Ce niveau de profondeur n’a jamais été atteint par une mission martienne auparavant.

ExoMars : d’une coopération russo-européenne à une alliance transatlantique

La mission ExoMars a connu un parcours complexe, reflet des défis scientifiques et géopolitiques contemporains. Lancé au début des années 2000, le programme ExoMars visait à approfondir notre connaissance de Mars à travers deux volets : une première mission en 2016 et une seconde, centrée sur l’atterrissage du rover Rosalind Franklin.

La première mission comprenait deux éléments : l’orbiteur scientifique Trace Gas Orbiter (TGO), toujours opérationnel autour de Mars, et le démonstrateur d’atterrissage Schiaparelli. Si le TGO accomplit depuis 2016 une remarquable mission de détection de gaz rares et de relais de communications, Schiaparelli s’est malheureusement écrasé sur Mars en raison d’une erreur logicielle. Cet échec a profondément influencé la conception de la nouvelle plateforme d’atterrissage confiée aujourd’hui à Airbus.

La mission 2022 devait initialement être réalisée en coopération avec Roscosmos, l’agence spatiale russe, qui devait fournir le module d’atterrissage Kazachok et le lanceur Proton. Toutefois, à la suite de l’invasion de l’Ukraine, l’ESA a rompu ce partenariat, suspendant ainsi le projet malgré la livraison du rover Rosalind Franklin dès 2019. La reprise du programme repose désormais sur une alliance entre l’ESA, Thales Alenia Space, Airbus et la NASA. Cette dernière fournira le lanceur pour un départ prévu en 2028, ainsi que des technologies cruciales telles que les unités de chauffage radio-isotopiques (RHU) et un logiciel autonome de nouvelle génération. Ce nouveau scénario permet non seulement de renforcer la robustesse de la mission, mais aussi de pérenniser les efforts scientifiques et industriels engagés depuis plus de deux décennies.

Le lancement du rover Rosalind Franklin est prévu pour 2028 à bord d’un lanceur de la NASA, avec une arrivée sur Mars planifiée pour 2030, en dehors de la saison de poussière planétaire. Cette mission emblématique renforcera notre compréhension du système solaire et pourrait répondre à l’une des questions les plus fondamentales de la science : y a-t-il eu de la vie sur Mars ?

Source

Le communiqué de presse publié le 29/03/2025 est disponible ici