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La formation de la galaxie Andromède enfin élucidée et sa masse revue à la baisse

La galaxie Andromède La galaxie d'Andromède (M31) imagée en ultra-violet (NASA/JPL-Caltech)

La formation de la galaxie Andromède enfin élucidée et sa masse revue à la baisse

L’Observatoire de Paris a publié un communiqué de presse le 14 février 2018 annonçant que la galaxie Andromède s’est formée suite à une collision majeure survenue entre deux galaxie. En parallèle une autre étude revoit à la baisse la masse de cette galaxie spirale.

Communiqué de l’Observatoire de Paris

La galaxie spirale Andromède s’est structurée il y a moins de 3 milliards d’années, à la suite d’une collision majeure survenue entre deux galaxies. C’est la conclusion rapportée par une étude adossée à des moyens de calculs informatiques sans précédent et dirigée par un astronome de l’Observatoire de Paris – PSL, au département Galaxies, Etoiles, Physique et Instrumentation – GEPI (Observatoire de Paris – PSL / CNRS / Université Paris Diderot). Celle-ci paraît en ligne dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, en date du 14 février 2018.

La grande nébuleuse d’Andromède a été décrite pour la première fois en 964, par l’astronome Perse, Abd al-Rahman al-Sufi. Répertoriée en 1923 comme galaxie, elle a souvent été considérée comme la sœur jumelle de notre Voie Lactée. C’est sa plus proche voisine et cette proximité permet l’observation comparée de ses propriétés qui, jusqu’à aujourd’hui, intriguaient les astrophysiciens. Une campagne d’observations américaine, menée entre 2006 à 2014, avait en effet souligné une différence considérable avec la Voie Lactée : dans le disque géant d’Andromède, toutes les étoiles âgées de plus de 2 milliards d’années, subissent des mouvements désordonnés, dont l’ampleur est presque comparable à leur mouvement de rotation autour du centre de cette galaxie. À titre comparatif, les étoiles du disque de la Voie Lactée, dont fait partie notre Soleil, ne sont sujets qu’à un simple mouvement de rotation. Comment expliquer cette différence ?

Vues comparées en vraies couleurs de la galaxie d’Andromède

La galaxie d’Andromède, M 31 dont le disque très incliné s’étend en diamètre sur environ 40 kpc. À gauche, M31 observée en couleurs réelles. À droite, simulation numérique à 24 millions de particules. L’insert, en haut et à droite de chaque image, montre que la simulation parvient aussi à reproduire la barre de la galaxie (sombre dans l’insert gauche, jaune dans celui à droite), ainsi que les régions de formation stellaire (bleues) qui appartiennent au disque d’Andromède. © Richard Crisp / Observatoire de Paris – PSL / Hammer et al. 2016

À l’aide de modélisations effectuées sur les plus puissants moyens de calcul disponibles en France – les calculateurs de l’Observatoire de Paris (MesoPSL) et de GENCI (IDRIS – CNRS) -, et après traitement de près d’un téraoctet de données, une équipe scientifique franco-chinoise de l’Observatoire de Paris – PSL, du National Astronomical Observatory of China (NAOC), de l’Observatoire astronomique de l’Université de Strasbourg et du CNRS est enfin parvenue à caractériser les mécanismes physiques de formation d’Andromède, levant ainsi le voile sur l’origine de sa formation. Les scientifiques ont démontré que seule une collision « récente » pouvait expliquer l’agitation des étoiles, collision suivie par un épisode de formation stellaire dans l’ensemble du disque géant d’Andromède. Il y a 7 à 10 milliards d’années, à la place d’Andromède, se trouvaient deux galaxies sur une même trajectoire de rencontre. Les astronomes ont optimisé par simulation les trajectoires des deux galaxies pro-génitrices. Ils ont découvert qu’elles avaient fusionné il y a 1,8 à 3 milliards d’années. Cette collision a donné naissance à Andromède telle que nous la connaissons. « Nous avons montré que la plus grande des deux galaxies pro-génitrices était environ quatre fois plus massive que la plus petite », précise François Hammer, astronome de l’Observatoire de Paris – PSL, premier coauteur de l’étude.

Grâce à des calculs numériques intensifs, les astrophysiciens parviennent pour la première fois à reproduire en détail l’ensemble des nombreuses structures qui composent la galaxie d’Andromède : le bulbe, la barre et le disque géant. Ce dernier inclut un gigantesque anneau d’étoiles jeunes dont la stabilité avec le temps restait inexpliquée, ce qui vient d’être résolu. La galaxie d’Andromède est entourée de gaz et d’étoiles peuplant une région dix fois plus étendue qu‘Andromède, communément appelée le halo. Des observations réalisées entre 2008 et 2014 sur le télescope franco-canadien à Hawaii (CFHT) montrent que le halo d’Andromède est peuplé par de gigantesques courants d’étoiles, dont le plus proéminent, s’appelle précisément le « courant géant d’étoiles ». Le disque géant présente des bords déformés, sur lesquels on retrouve également d’autres structures ayant la forme d’amas diffus ou de coquilles.

En faisant une comparaison systématique avec ces observations qui sont les plus profondes du halo d’Andromède, la collaboration franco-chinoise est parvenue à reproduire et à comprendre l’origine de ces structures. Le « courant géant d’étoiles » ainsi que les coquilles proviennent du plus petit progéniteur, tandis que les amas diffus et la déformation du disque proviennent du plus grand. Cela explique pourquoi les premières structures sont sous-abondantes en éléments lourds par rapport aux secondes : le plus petit progéniteur étant moins massif, il a formé moins d’éléments lourds et d’étoiles que le plus grand.C’est la toute première fois qu’une simulation numérique, basée sur 24 millions de particules, parvient à reproduire une galaxie avec autant de détails. La collision gigantesque qui a eu lieu alors que notre Terre existait déjà, pourrait avoir laissé des traces dans notre environnement, le Groupe Local. Elle est le seul moyen d’expliquer comment se sont formés le bulbe, la barre, les disques minces et épais, l’anneau stable de jeunes étoiles dans le disque, le récent événement de formation stellaire dans tout le disque, la structure 3D du « courant géant d’étoiles », les coquilles et amas diffus, et la distribution des étoiles dans le halo.

Source

L’intégralité du communiqué publié par L’Osbervatoire de Paris est ici. L’étude publié le 15/02/2018 dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, ici.

La masse de la galaxie d’Andromède revue à la baisse

Le site « ça se passe là-haut » présente les résultats d’une étude qui revoit lamasse de la galaxie d’Andromède à la baisse. Extrait: Des astronomes viennent de mesurer la masse de la galaxie d’Andromède par une méthode subtile et ils trouvent que M31 n’est pas plus massive que notre Galaxie. Avec 800 milliards de masses solaires, elle fait au contraire jeu égal…

Source

L’intégralité de cet article publié le 15 février 2018 sur le site ça se passe là-haut est ici.

About Jacques Touja (1058 Articles)
Qui suis-je ? Je suis né en 1978 à une époque où l‘on pensait que le système solaire était dépourvu d’eau excepté la Terre, que Pluton était une planète et que l’espace était un domaine réservé aux agences spatiales étatiques des grandes nations. Depuis, on à découvert de l’eau sous différentes formes un peu partout. De Mercure avec sa glace d’eau au fond de certains cratères en passant par les océans liquide des lunes Encelade ou Ganymède, les choses ont bien changé en 40 ans. Pluton est devenue une planète naine en compagnie de Cérès et Vesta. Dans le même temps l’accès à l’espace s’est démocratisé et des compagnies privées concurrences de plus en plus les agences étatiques. Le tourisme spatial devient une réalité. Autant le préciser tout de suite je ne suis ni scientifique ni journaliste de formation, j’ai suivi un parcours dans le domaine du commerce et de l’économie mais j’ai toujours été passionné et fasciné par l’exploration spatiale. Je me vois comme un autodidacte de l’espace qui en apprend tous les jours. Mes préférences concernent les missions d’exploration comme Cassini-Huygens et depuis peu je me mets à l’observation amateur quand j’ai l’occasion de quitter Paris pour bénéficier d’un ciel plus propice. Pourquoi avoir créé le portail Agences-Spatiales ? J’ai décidé de créer Agences-Spatiales (A-S) pour relayer l’ensemble des actualités de ce secteur, en partant du constat que les autres sites, blogs et chaînes YouTube étaient tous d’une certaine manière spécialisés dans certains domaines (astronomie, aéronautique, astrophysiques, ingénierie, les découvertes scientifiques, etc.) et qu’il n’y avait pas un véritable portail francophone dédié à l’espace et à son univers. Le but d’A-S est de relayer les communiqués de presse et l’actualité des agences étatiques et des compagnies privées, des principaux observatoires, de la station spatiale internationale, de proposer de suivre les principaux lancements mais aussi d’aborder la culture qui en découle (Livre, documentaire, SF, exposition, etc.) et de relayer l’actualité des principaux YouTubeurs et des différents podcasts consacrés au spatial . Pour me contacter : jacquestouja@agences-spatiales.fr
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