Anatomie de la nébuleuse de la Mouette

Anatomie de la nébuleuse de la Mouette (ESO)

Anatomie de la nébuleuse de la Mouette (ESO)

La nébuleuse de la Mouette (IC 2177) a été observée par le télescope de sondages du VLT (VST) de l’Observatoire Européen Austral (ESO). En plus de produire une image magnifique, l’ESO a publié un communiqué de presse scientifique pour la décrypter.

Colorée et vaporeuse, cette collection d’objets fascinants est connue sous le nom de nébuleuse de la Mouette, nommée pour sa ressemblance à une mouette volante. Composée de poussière, d’hydrogène, d’hélium et de traces d’éléments plus lourds, cette région est le berceau chaud et énergétique de nouvelles étoiles. Les détails remarquables capturés ici par le télescope de sondages du VLT (VST) de l’ESO, révèlent les objets astronomiques individuels qui composent l’oiseau céleste, ainsi que les éléments plus fins qui s’y trouvent. Le VST est l’un des plus grands télescopes de sondages au monde observant le ciel en lumière visible.

La lueur rosée d'une mouette cosmique
Sharpless 2-296, colorée et vaporeuse, forme les « ailes » d’une zone du ciel connue sous le nom de « Nébuleuse de la Mouette », nommée ainsi en raison de sa ressemblance avec une mouette en vol. Cet oiseau céleste contient un fascinant mélange d’objets astronomiques très intrigants. Des nuages incandescents s’entrelacent au milieu de la poussière sombre et des étoiles brillantes. La nébuleuse de la Mouette – composée de poussière, d’hydrogène, d’hélium et de traces d’éléments plus lourds est le berceau chaud et énergique de nouvelles étoiles. Crédit: ESO / VPHAS+ team / N.J. Wright (Keele University)

Les principaux composants de la mouette sont trois grands nuages ​​de gaz, le plus caractéristique étant Sharpless 2-296, formant ainsi les « ailes ». S’étendant sur environ une centaine d’années-lumière d’un bout d’aile à l’autre, Sh2-296 affiche des matériaux incandescents et des bandes de poussière sombre qui se tissent parmi des étoiles brillantes.  C’est ici un bel exemple de nébuleuse à émission, en l’occurrence une région HII, indiquant la formation active de nouvelles étoiles, que l’on peut voir saupoudrant cette image. Ce sont les radiations émanant de ces jeunes étoiles qui donnent aux nuages ​​leurs couleurs fantastiques et les rend si accrocheurs, en ionisant le gaz environnant et en le faisant briller. Ce rayonnement est également le principal facteur qui détermine la forme des nuages, en exerçant une pression sur la matière environnante et en la sculptant selon les morphologies fantaisistes que nous voyons.  Comme chaque nébuleuse a une distribution unique d’étoiles et peut, comme celle-ci, être composée de plusieurs nuages, elles se présentent sous diverses formes, faisant appel à l’imagination des astronomes et évoquant des comparaisons avec des animaux ou des objets familiers.

Image à grand champ de la nébuleuse de la Mouette entière (IC 2177)
Cette image à grand champ a capturé la région évocatrice et riche en couleurs de la nébuleuse de la Mouette, IC 2177, à la frontière des constellations de la Licorne et du Grand Chien. Cette vue a été créée à partir d’images réalisées dans le cadre du Digitized Sky Survey 2. Crédit: ESO / Digitized Sky Survey 2. Acknowledgement: Davide De Martin

Cette diversité de formes est illustrée par le contraste entre Sh2-296 et Sh2-292.  Cette dernière, visible ici juste en dessous des « ailes », est un nuage plus compact qui forme la « tête » de la mouette.  Son principal élément est une étoile gigantesque, extrêmement lumineuse appelée HD 53367, 20 fois plus massive que le Soleil, ici visible comme « l’œil» perçant de la mouette.  Sh2-292 est à la fois une nébuleuse à émission et une nébuleuse à réflexion;  une grande partie de sa lumière est émise par le gaz ionisé qui entoure ses étoiles naissantes, mais une quantité non négligeable est également réfléchie par des étoiles extérieures. Les bandes sombres qui interrompent l’homogénéité des nuages et leur donnent de la texture sont des bandes de poussière, des canaux de matière beaucoup plus denses qui cachent une partie du gaz lumineux se trouvant derrière eux. Les nébuleuses comme celle-ci ont des densités de quelques centaines d’atomes par centimètre cube, beaucoup moins que les meilleurs vides artificiels sur Terre. Néanmoins, les nébuleuses sont encore beaucoup plus denses que le gaz à l’extérieur dont la densité moyenne est d’environ 1 atome par centimètre cube.

Zoom sur la mouette cosmique

La Mouette se situe le long de la frontière entre les constellations de Canis Major (Le Grand Chien) et de Monoceros (La Licorne), à ​​une distance d’environ 3 700 années-lumière dans un bras de la Voie Lactée.  Les galaxies spirales peuvent contenir des milliers de ces nuages, presque tous concentrés le long de leurs bras spiraux. Plusieurs nuages ​​plus petits font également partie de la nébuleuse de la Mouette, y compris Sh2-297, qui est une petite addition noueuse à l’extrémité de «l’aile» supérieure de la mouette, Sh2-292 et Sh2-295.  Ces objets sont tous inclus dans le catalogue Sharpless, une liste de plus de 300 nuages ​​de gaz incandescents compilés par l’astronome américain Stewart Sharpless.

Panorama à travers la mouette cosmique

Cette image a été prise à l’aide du VLT Survey Telescope (VST), l’un des plus grands télescopes au monde qui observe le ciel en lumière visible. Le VST est conçu pour photographier rapidement et en profondeur de grandes zones du ciel. Pouvez-vous repérer la mouette sur cette photo ?  Nous invitons nos lecteurs à laisser libre cours à leur imagination et à dessiner l’oiseau sur notre photo comme ils la voient.  Partagez vos photos avec le contour de l’oiseau à l’aide du hashtag #SpotTheSeagull.

Source

L’intégralité du communiqué de presse publié par l’ESO, le 07/08/2019 est ici