Perseverance détecte des possibles indices d’une vie passée sur Mars

Image en gros plan de la roche « Cheyava Falls » dans le cratère Jezero, prise par le rover Perseverance de la NASA. On distingue des structures minérales et des taches circulaires appelées « leopard spots », étudiées comme de possibles indices de vie ancienne sur Mars.
La roche « Cheyava Falls », dans le cratère Jezero. C’est dans ce secteur que Perseverance a prélevé l’échantillon « Sapphire Canyon », contenant des indices minéralogiques susceptibles de constituer une biosignature d'une vie passée sur Mars. Crédit: NASA/JPL-Caltech/ASU/MSSS

Perseverance détecte des possibles indices d’une vie passée sur Mars

La NASA a annoncé le 10 septembre 2025 que son rover Perseverance, explorant le cratère Jezero, a recueilli un échantillon de roche contenant des caractéristiques correspondant à ce que l’on appelle une biosignature potentielle. C’est probablement l’indice d’une vie passée sur Mars le plus convaincant à ce jour. Les éléments détectés dans cette roche font l’objet d’un espoir immense dans la communauté scientifique.

Contexte de la mission et du site

La mission Perseverance, lancée en 2020, a pour objectif d’explorer des environnements anciens susceptibles d’avoir abrité la vie et de prélever des échantillons destinés à un futur retour sur Terre dans le cadre du programme Mars Sample Return. Cette mission ne verra peut-être pas le jour suite aux coupes budgétaires effectuées par l’administration Trump (Cf. NASA sous l’administration Trump : Réforme ou démantèlement ?).

Le cratère Jezero a été choisi précisément pour son passé géologique : il abritait autrefois un lac et un delta fluvial, réputés pour leur capacité à conserver d’éventuelles traces de vie.

La roche « Cheyava Falls » et l’échantillon « Sapphire Canyon »

En juillet 2024, Perseverance a foré un affleurement rocheux appelé Cheyava Falls, situé dans la formation Bright Angel près de la vallée Neretva. Ce rocher, mesurant environ un mètre de long, présentait une structure complexe.

Image en couleur de la roche martienne « Cheyava Falls » dans le cratère Jezero, forée par le rover Perseverance pour prélever l’échantillon « Sapphire Canyon », contenant de possibles indices de vie ancienne sur Mars.
Roche martienne « Cheyava Falls » dans le cratère Jezero. C’est ici que le rover Perseverance a prélevé en juillet 2024 l’échantillon baptisé « Sapphire Canyon », au cœur de la découverte de possibles indices de vie passée sur Mars. Crédit: NASA/JPL-Caltech/ASU/MSSS

L’échantillon prélevé, baptisé Sapphire Canyon, est aujourd’hui au centre de toutes les attentions.

Les résultats des analyses

Minéraux détectés

Les instruments de Perseverance ont mis en évidence la présence de vivianite (un phosphate de fer hydraté) et de greigite (un sulfure de fer). Sur Terre, ces minéraux se forment souvent en lien avec de la matière organique et des processus microbiens. Ils apparaissent sur la roche martienne sous forme de taches colorées évoquant une peau de léopard, ainsi que dans des interfaces millimétriques entre différentes couches minérales.

Gros plan de la roche martienne « Cheyava Falls » dans le cratère Jezero, photographiée par le rover Perseverance. L’image montre des inclusions d’olivine et des structures circulaires surnommées « leopard spots », considérées comme des indices potentiels de processus biologiques anciens sur Mars.
Gros plan sur la roche « Cheyava Falls », dans le cratère Jezero. On distingue des grains d’olivine et des taches circulaires dites « leopard spots », qui pourraient constituer une biosignature potentielle de vie ancienne sur Mars. Crédit: NASA/JPL-Caltech/ASU/MSSS

Composition chimique

L’échantillon renferme également du carbone organique, du soufre, du phosphore et du fer oxydé. Ces éléments, combinés, auraient pu servir de base énergétique à des formes de vie microbienne dans le passé.

L’administrateur par intérim de la NASA, Sean Duffy, a résumé l’importance de cette découverte en affirmant qu’il s’agissait du « résultat le plus proche que nous ayons jamais eu pour découvrir la vie sur Mars ».

Conditions de formation

Les analyses suggèrent que ces minéraux se sont formés dans des environnements à basse température, après le dépôt des sédiments. Ce type de conditions est particulièrement propice au développement de micro-organismes.

Pourquoi il s’agit d’une biosignature potentielle

Une biosignature potentielle est un indice géologique ou chimique qui pourrait avoir une origine biologique. Toutefois, l’ambiguïté demeure : les mêmes minéraux peuvent également apparaître par des mécanismes purement géologiques.

Nicky Fox, responsable de la Direction des missions scientifiques de l’agence, a néanmoins rappelé que la prudence reste de mise : « Il ne s’agit pas encore d’une preuve de vie, mais d’une étape cruciale dans notre démarche scientifique ».

Prochaines étapes

Les prochaines étapes consisteront à approfondir les analyses sur place et à comparer ces observations avec des processus abiotiques connus. Mais surtout, le succès du projet Mars Sample Return sera décisif : seul un retour de ces échantillons sur Terre permettra de confirmer ou non l’origine biologique des minéraux observés. Espérons qu’avec cette découverte, ce programme ne fasse pas parti des coupes budgétaires envisagées par le gouvernement actuel.

Mise en perspective

Il s’agit probablement de l’indication la plus forte à ce jour en faveur d’une vie microbienne ancienne sur Mars. D’autres missions avaient déjà identifié des composés organiques, mais sans parvenir à isoler des minéraux aussi évocateurs.

Si ces indices se confirment, ils viendront profondément transformer notre compréhension de Mars et, plus largement, de la possibilité de la vie ailleurs dans l’Univers. Mais la prudence scientifique demeure : aucune preuve définitive n’existe encore.

Perseverance a révélé des indices minéralogiques et chimiques d’une rare richesse, dont la vivianite et la greigite, qui pourraient être les empreintes d’une vie ancienne sur Mars. Cette découverte n’apporte pas encore la preuve de l’existence passée de micro-organismes, mais elle marque une étape majeure dans la recherche d’une vie passée sur Mars.

Source

Retrouvez l’article publié par la NASA le 10/09/2025 est ici