Échec de l’alunisseur Resilience : Nouveau revers pour ispace
Le 5 juin 2025, l’entreprise spatiale japonaise ispace a annoncé l’échec de sa deuxième tentative d’alunissage avec l’atterrisseur Resilience, dans le cadre de sa mission Hakuto-R Mission 2. L’appareil, qui avait pour objectif de se poser en douceur sur la surface lunaire et de déployer un petit rover européen, a vraisemblablement subi un crash quelques centaines de mètres au-dessus du sol sélène.
Une mission ambitieuse
Lancée le 15 janvier 2025 par une fusée Falcon 9 de SpaceX, la mission avait pour but de démontrer la fiabilité des capacités lunaires commerciales d’ispace. L’atterrisseur Resilience embarquait plusieurs instruments scientifiques, un électrolyseur d’eau, un module de culture d’algues, une plaque symbolique à l’effigie de Gundam, ainsi qu’un disque mémoire de l’UNESCO. Le micro-rover européen Tenacious, d’une masse de 5 kg, devait quant à lui effectuer des prélèvements de régolithe.
Après avoir effectué une trajectoire de transfert prolongée vers la Lune et atteint une orbite circulaire de 100 km autour du satellite début mai, Resilience a entrepris sa descente finale le 5 juin.
Un crash à l’approche du sol
La phase d’atterrissage a bien commencé : allumage du moteur principal, décélération à 20 km d’altitude, passage en position verticale. Toutefois, à environ 192 mètres de la surface, la télémétrie s’est interrompue. Les équipes au sol ont alors perdu le signal avec l’atterrisseur. L’analyse préliminaire suggère que le système de mesure laser de l’altitude n’a pas fourni les données nécessaires à temps, ce qui a compromis la décélération terminale. Le résultat : un atterrissage brutal au lieu d’un contact contrôlé.
Un second revers pour ispace
Cet échec intervient après un premier crash survenu en avril 2023 lors de la mission Hakuto-R Mission 1. À l’époque déjà, un dysfonctionnement du système d’estimation de l’altitude avait causé un crash similaire. Malgré des améliorations intégrées dans Resilience, des lacunes critiques dans le traitement des données altimétriques ont persisté.
La perte de Resilience implique également la destruction du rover Tenacious et des expériences embarquées. ispace a officiellement clos la mission le lendemain de l’échec, tout en affirmant que les données recueillies durant le vol permettront d’améliorer les prochaines tentatives.
Un contexte concurrentiel
Alors que ispace essuie un deuxième échec consécutif, plusieurs acteurs privés — notamment américains — ont récemment réussi des alunissages. Intuitive Machines et Firefly Aerospace (avec Blue Ghost) ont démontré une capacité d’atterrissage opérationnelle dans le cadre du programme CLPS de la NASA. Néanmoins, ispace reste l’un des rares acteurs non américains à mener de telles missions, renforçant l’importance stratégique de ses futures réussites.
Vers une résilience opérationnelle ?
ispace prévoit déjà une Mission 3 dans le cadre de son programme Hakuto-R. L’entreprise japonaise conserve son ambition de bâtir un service régulier de transport lunaire pour les agences et clients privés, malgré les revers techniques. La question qui se pose désormais est de savoir si elle saura transformer ses erreurs en apprentissages concrets pour s’imposer durablement dans l’économie lunaire émergente.
Source
Le communiqué de presse publié par ispace le 06/06/2025 est ici
