Sentinel-6B : un nouveau regard sur les océans pour surveiller le climat
Le 17 novembre 2025 à 06h21 (heure de Paris), le satellite européen Sentinel-6B a été lancé avec succès depuis la base de Vandenberg Space Force Base en Californie à bord d’un lanceur Falcon 9.
Sentinel-6B est le second satellite de la mission Jason-CS (Continuity of Service), développée dans le cadre du programme européen Copernicus. Il vient assurer la continuité indispensable des observations altimétriques des océans initiées dans les années 1990 avec TOPEX/Poseidon, puis poursuivies avec Jason-1, -2, -3 et Sentinel-6A.
Un objectif clair : mesurer la montée du niveau des mers
Selon l’ESA et le CNES, la mission Sentinel-6B vise à prolonger une série d’observations essentielles pour comprendre l’évolution du climat. Le satellite permettra de :
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Mesurer la hauteur de surface de la mer avec une précision centimétrique.
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Surveiller l’élévation du niveau des océans, un indicateur majeur du réchauffement climatique.
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Fournir des données opérationnelles : hauteur des vagues, vitesse du vent, état de la surface océanique.
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Contribuer aux prévisions météorologiques et océanographiques grâce aux profils atmosphériques.
Ces données alimenteront les services européens Copernicus, utilisés par les scientifiques, les agences gouvernementales et les acteurs économiques pour analyser les risques côtiers, anticiper les événements extrêmes et préparer les politiques d’adaptation.

Un satellite au cœur d’une coopération internationale
Sentinel-6B est le fruit d’une collaboration exemplaire entre plusieurs grands acteurs :
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ESA (développement et supervision scientifique)
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EUMETSAT (exploitation des données)
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La Commission européenne (programme Copernicus)
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NASA & NOAA (contribution technique et scientifique)
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CNES (participation au développement des instruments, dont DORIS)
Cette coopération transatlantique renforce la capacité mondiale à suivre l’état des océans et l’évolution du climat.

Déroulement du lancement et mise en orbite
Le satellite a été placé sur son orbite opérationnelle circulaire :
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Altitude : environ 1 336 km
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Inclinaison : 66°
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Couverture : 90 % des océans mondiaux
D’après l’ESA, le premier signal du satellite a été reçu à 07h54 CET par la station sol d’Inuvik, confirmant son bon déploiement. Sentinel-6B entame maintenant sa phase de mise en service, suivie de plusieurs mois d’étalonnage. Durant cette phase cruciale de validation croisée (Cross-Calibration), Sentinel-6B volera en tandem avec son prédécesseur Sentinel-6A pour assurer une cohérence parfaite des données historiques.
Des instruments de haute précision
Sentinel-6B embarque un ensemble d’instruments dérivés du savoir-faire européen et international :
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Altimètre radar Poseidon-4, élément central de la mission.
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Radiomètre micro-ondes AMR-C, pour corriger l’humidité atmosphérique.
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Système DORIS, développé sous responsabilité CNES, pour le positionnement précis.
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Récepteur GNSS pour la localisation ultra-précise.
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Laser Retro-Reflector (LRR) pour la calibration au sol.
Ces outils permettent d’obtenir une mesure extrêmement fine du niveau de la mer, indispensable pour suivre les évolutions lentes mais globales induites par le changement climatique.
Un enjeu majeur pour le climat et les littoraux
Les océans absorbent plus de 90 % de la chaleur excédentaire due aux activités humaines. Leur niveau augmente à un rythme accéléré, provoquant :
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érosion côtière,
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submersions marines,
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menaces sur les zones humides,
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risques pour les infrastructures et les populations du littoral.
Sentinel-6B permet de poursuivre une série d’observations cohérente et ininterrompue sur plus de 30 ans, essentielle pour comprendre ces phénomènes et y répondre efficacement. Selon le CNES, cette mission est « indispensable pour surveiller le changement climatique ».
Avec le lancement réussi de Sentinel-6B, l’Europe et ses partenaires internationaux renforcent leur capacité à surveiller les océans avec une précision inégalée. Ce satellite garantit la continuité des données altimétriques indispensables pour comprendre l’évolution du niveau des mers, analyser les impacts du réchauffement climatique et appuyer les stratégies d’adaptation des territoires côtiers. Sentinel-6B est désormais pleinement en route pour devenir un instrument clé de la science climatique mondiale.
Source
Retrouvez le communiqué publié par l’ESA le 17/11/2025 ici, celui publié par le CNES est ici.






