Vol d’essai Starship 10 : les points clés d’un vol réussi

Vol d’essai Starship
Le Starship en train de décoller depuis la Starbase. Crédit: SpaceX

Vol d’essai Starship 10 : les points clés d’un vol réussi

Mise à jour du 28 août 2025 – Un vol d’essai concluant

Après un premier report dû à une fuite d’oxygène liquide et un second en raison d’une météo défavorable, le dixième vol d’essai du Starship de SpaceX a décollé avec succès depuis Starbase (Texas) dans la nuit du 26 au 27 août 2025 à 01h30 (heure de Paris). Ce vol marque une étape importante dans le développement de la fusée géante, avec plusieurs objectifs atteints et un déroulé globalement maîtrisé.

Chronologie détaillée du vol

Le décollage a eu lieu à 01h30 (heure de Paris) depuis la base de lancement de Boca Chica au Texas. Les 33 moteurs Raptor du booster Super Heavy B16 se sont allumés nominalement, propulsant la fusée dans une ascension stable.

Quelques instants avant la séparation, un moteur s’est éteint prématurément, mais cette anomalie n’a eu aucune conséquence sur la suite du vol. La séparation s’est déroulée comme prévu grâce à la technique du hot-staging, qui consiste à allumer les moteurs du deuxième étage avant l’arrêt complet de ceux du premier, afin d’optimiser la poussée et la transition entre les deux étages.

Retour du booster Super Heavy

Après la séparation, le booster B16 a entamé sa descente vers le golfe du Mexique. SpaceX a testé un profil de retour inédit : un moteur central a été volontairement désactivé pour simuler une panne et recueillir des données en conditions dégradées. Le booster a ensuite poursuivi sa descente en n’utilisant que deux moteurs centraux pour les dernières phases de freinage, réussissant un vol stationnaire au-dessus de l’océan avant de couper ses moteurs et d’amerrir en douceur. Ces manœuvres, appelées landing burns (allumages successifs de moteurs en phase finale de descente pour freiner progressivement), ont permis de valider des scénarios critiques en vue des futures tentatives de récupération sur site.

Phase orbitale et déploiement

De son côté, le Ship 37 a poursuivi sa trajectoire suborbitale. Une étape cruciale a été franchie avec le rallumage réussi d’un moteur Raptor en vol, démontrant la capacité de redémarrage (in-space relight, redémarrage d’un moteur une fois en orbite, indispensable pour changer de trajectoire ou rejoindre une autre orbite).

Le vaisseau a ensuite procédé au déploiement de huit charges factices simulant des satellites Starlink, confirmant le bon fonctionnement du mécanisme de mise en orbite.

Rentrée atmosphérique et amerrissage du vaisseau

La séquence la plus risquée est intervenue lors de la rentrée atmosphérique. SpaceX avait volontairement retiré certaines tuiles de protection thermique et installé des prototypes métalliques, y compris un modèle à refroidissement actif, afin d’analyser le comportement du vaisseau dans des zones vulnérables. Le profil de rentrée a été conçu pour pousser les limites structurelles des volets arrière du Starship, soumis à de fortes contraintes aérodynamiques au moment de la pression dynamique maximale (max-Q, point du vol où la combinaison de vitesse et de densité atmosphérique exerce la contrainte mécanique la plus élevée sur le véhicule). Malgré quelques dommages visibles sur la jupe arrière et les ailerons, le vaisseau a résisté et a poursuivi sa trajectoire. Le Ship 37 a terminé sa mission par un amerrissage contrôlé dans l’océan Indien, environ 66 minutes après le décollage, validant une rentrée globalement maîtrisée et fournissant une mine de données pour les prochains vols.

Objectifs atteints

  • Validation du rallumage orbital.

  • Test des profils de descente du booster.

  • Expérimentation de nouvelles protections thermiques.

  • Déploiement réussi de charges factices en orbite.

  • Collecte de données essentielles pour affiner la conception.

Ce que ce vol confirme

Le Starship Flight 10 confirme que SpaceX progresse rapidement vers son objectif de réutilisabilité totale. Ce vol marque un tournant avec :

  • Un booster maîtrisé sur sa descente.

  • Un étage supérieur capable de rallumage orbital et de déploiement de charges.

  • Une rentrée atmosphérique de plus en plus contrôlée.

Prochain objectif : le Flight 11, qui pourrait inclure des essais plus ambitieux, notamment une première tentative de capture du booster par Mechazilla.

Avec le Flight 10, SpaceX démontre que sa stratégie d’itération rapide porte ses fruits. Chaque vol apporte des données nouvelles, corrige les faiblesses constatées, et rapproche le Starship de son rôle attendu : devenir un lanceur entièrement réutilisable, capable d’assurer des missions vers la Lune, Mars et au-delà.

Article publié le 23/08/2025

Vol d’essai Starship : Le Starship de SpaceX s’apprête à effectuer son dixième vol d’essai, une étape déterminante dans la validation de ses capacités de rentrée atmosphérique et de mise en orbite. Prévu pour le 25 août à 01h30 (heure de Paris) depuis la Starbase (Texas), ce vol introduit plusieurs objectifs techniques majeurs, indispensables pour la suite du programme. En effet, après les investigations sur la perte de Starship lors de son neuvième essai en vol et sur l’anomalie d’incendie statique du vaisseau 36 ayant conduit à son explosion au sol, des modifications matérielles et opérationnelles ont été apportées pour accroître la fiabilité.

Objectifs du 10e essai

Ce vol va au-delà d’un simple démonstrateur. Plusieurs éléments clés sont au programme :

  • Rentrée du Super Heavy (B16) avec de nouveaux profils de descente et multiples landing burns, pour élargir l’enveloppe de vol. L’un des trois moteurs centraux employés pour la phase finale d’atterrissage sera volontairement désactivé, afin de recueillir des données sur la capacité d’un moteur de secours, situé dans l’anneau intermédiaire, à prendre le relais pour terminer la manœuvre. Le booster passera ensuite en configuration à deux moteurs centraux pour la fin de la phase de freinage, entrant dans un vol stationnaire complet au-dessus de l’océan, avant l’arrêt des moteurs et la chute contrôlée dans le golfe du Mexique.
  • Rallumage en vol d’un moteur Raptor lors de la phase de côte, une capacité essentielle pour les futures missions longues (Lune, Mars).
  • Test de nouveaux matériaux et tuiles thermiques sur la base du vaisseau Starship S37, afin de corriger les faiblesses observées lors de Flight 9. Un nombre important de tuiles ont été retirées du Starship afin de soumettre à des tests de résistance les zones vulnérables du véhicule lors de la rentrée. Plusieurs options de tuiles métalliques, dont une avec refroidissement actif, seront testées pour évaluer des matériaux alternatifs de protection thermique. Une section de la ligne de tuiles a également été modifiée avec une bordure lissée et effilée, visant à corriger les points chauds observés lors du sixième vol d’essai.
  • Déploiement expérimental de simulateurs de satellites Starlink, pour valider la capacité de mise en orbite et le mécanisme de déploiement. Lors des précédents essais, la trappe d’ouverture pour larguer les satellites ne s’était pas ouverte.

Ces éléments visent à rapprocher Starship d’un profil de mission réaliste et pleinement réutilisable.

Les innovations du vol 10

  • Tuiles thermiques (TPS) retravaillées, notamment sur la jupe arrière.
  • Gestion active des moteurs Raptor lors des phases critiques (séparation, rentrée, rallumage orbital).
  • Trajectoire optimisée pour mieux répartir les charges mécaniques et thermiques.

Déroulement du vol (prévisionnel)

  1. Décollage depuis Starbase (Texas).
  2. Séparation du booster Super Heavy B16.
  3. Descente contrôlée du booster avec plusieurs landing burnssplashdown dans le Golfe du Mexique.
  4. Phase de côte du Ship 37 avec tentative de rallumage moteur.
  5. Déploiement des simulateurs Starlink.
  6. Rentrée atmosphérique du vaisseau Starship → splashdown dans l’océan Indien, au large de l’Australie-Occidentale.
Infographie du Starship Flight 10
Le plan de vol prévu pour le dixième essai du Starship. Crédit: SpaceX

Pas de récupération prévue : booster et vaisseau seront détruits en mer, mais les capteurs embarqués transmettront des données critiques.

Enjeux stratégiques

Le vol 10 n’est pas spectaculaire par sa charge utile, mais il est fondamental pour la maturité du programme :

  • Valider la robustesse thermique et structurelle du véhicule à haute énergie.
  • Préparer son intégration future dans le programme Artemis de la NASA, notamment pour la descente lunaire.
  • Démontrer la rapidité du cycle itératif de SpaceX : chaque vol corrige le précédent et introduit de nouvelles briques technologiques.

En cas de succès, ce vol ouvrira la voie à un Flight 11 orienté vers la réutilisabilité partielle et, à terme, les premières tentatives de capture répétées par la tour de lancement Mechazilla.

Pourquoi Starship ne tentera pas de capture avec Mechazilla lors de Flight 10 ?

Raison principale :

Le but est de réduire le risque sur un vol déjà complexe car il présente trop de nouveautés testées en simultané :

  • Rallumage moteur en orbite
  • Déploiement simulateurs Starlink
  • Tuiles thermiques retravaillées
  • Multiples burns du booster

Amerrissages contrôlés dans le Golfe du Mexique et l’océan Indien.

Objectif : fiabiliser la chaîne technique avant d’oser une nouvelle récupération.

Suivre le vol en direct

Le lancement est programmé pour le 25 août à 01h30 (heure de Paris) depuis Starbase (Texas). Il sera à suivre en direct avec les diffusions françaises sur notre page dédiée aux lancements du Starship et en anglais : Lien direct vers le live SpaceX (sera actif peu avant le lancement).

Lancement Starship : Prochain direct le 25/08/2025

Avec Flight 10, SpaceX poursuit sa méthode expérimentale : build, fly, fix, repeat. Si les objectifs sont atteints, ce vol marquera une étape décisive vers la réutilisabilité complète, la logistique orbitale… et les ambitions lunaires. C’est un test technique majeur pour l’avenir du Starship.

Source

Retrouvez la page de SpaceX consacrée à cette essai : Starship Flight 10 (officiel)