Starship HLS : le vaisseau lunaire de SpaceX 

Le vaisseau Starship HLS de SpaceX posé sur la surface lunaire avec l’ascenseur déployé pour les astronautes.
Starship HLS de SpaceX sur la surface lunaire. Crédit: SpaceX.

Starship HLS : le vaisseau lunaire de SpaceX

Alors que la NASA met la pression sur ses partenaires pour tenir le calendrier du retour sur la Lune, SpaceX vient de publier une mise à jour détaillée sur la version lunaire de son vaisseau Starship. Baptisé HLS (Human Landing System), ce modèle spécifique jouera un rôle central dans la mission Artemis III, avec pour objectif de déposer les premiers astronautes sur la surface lunaire depuis plus de cinquante ans.

Un Starship taillé pour la Lune

Le Starship HLS est une évolution directe du vaisseau interplanétaire de SpaceX, adaptée à l’environnement lunaire. Alors que le Starship « classique » est conçu pour des missions en orbite terrestre, martienne ou interplanétaire, la version HLS est entièrement dédiée à l’alunissage.

Ses principales différences sont spectaculaires :

  • Aucun bouclier thermique ni ailerons : le HLS n’a pas besoin de réentrer dans l’atmosphère terrestre, il reste dans l’espace.

  • Deux vastes sas EVA pour les sorties des astronautes, situés près du sommet de la cabine.

  • Un ascenseur pressurisé permettant de descendre les astronautes et le matériel depuis la cabine, perchée à plus de dix mètres au-dessus du sol lunaire.

  • Des moteurs Raptor modifiés pour l’alunissage, capables de fonctionner avec une poussée très fine dans la faible gravité lunaire.

  • Un train d’atterrissage renforcé et optimisé pour le régolithe.

  • Des panneaux solaires et radiateurs externes assurant l’autonomie énergétique et la régulation thermique lors des séjours prolongés.

Le HLS n’est donc pas une simple adaptation : c’est une version spécialisée du Starship, pensée pour devenir le premier habitat mobile lunaire de l’histoire.

Vue intérieure du Starship HLS montrant les sièges d’équipage, le hublot panoramique et les espaces de vie.
La cabine du Starship HLS : un volume pressurisé de 600 m³ pour accueillir plusieurs astronautes. Crédit: SpaceX

Une architecture géante et réutilisable

Le Starship HLS reprend la structure de base du Starship standard : 50 mètres de haut pour 9 mètres de diamètre.
Son volume habitable pressurisé dépasse 600 m³, soit environ les deux tiers du volume de la Station spatiale internationale. Cela en fait le plus grand vaisseau spatial habité jamais conçu.

À l’intérieur, la cabine pourra être configurée selon les besoins :

  • zones de couchage,

  • postes de pilotage et d’observation,

  • espaces de travail scientifique,

  • stockage d’échantillons et d’équipements EVA,

  • module médical et zone de vie commune.

SpaceX a déjà testé une cabine grandeur nature pour valider les systèmes de survie : injection d’oxygène et d’azote, régulation de la température et de l’humidité, gestion acoustique, assainissement de l’air. Le résultat : un environnement spacieux, silencieux et stable, pensé pour accueillir plusieurs astronautes pendant de longues durées sans perte de confort.

Un développement articulé autour de deux axes

SpaceX avance sur deux fronts :

1️⃣ Le Starship « de base »

C’est la version orbitale du vaisseau, testée à Starbase (Texas) et bientôt depuis la Floride. Elle sert de plate-forme technologique à toutes les variantes.

À ce jour :

  • plus de 36 Starships produits ;

  • 600 moteurs Raptor fabriqués ;

  • 11 vols intégrés Starship + Super Heavy ;

  • un premier transfert d’ergols cryogéniques réussi en orbite, étape clé pour les futures missions lunaires.

Décollage d’un prototype Starship lors d’un test à Starbase, Texas.
SpaceX multiplie les essais du Starship pour valider les systèmes de propulsion et de réutilisation. Crédit: SpaceX

2️⃣ Le Starship HLS

Développé sous contrat avec la NASA, le HLS bénéficie d’un contrat à prix fixe : SpaceX n’est payé qu’après validation de chaque jalon technique. Sur les 49 étapes prévues, la majorité ont déjà été franchies, notamment :

  • essais d’amarrage avec le vaisseau Orion,

  • tests des jambes d’atterrissage sur régolithe simulé,

  • simulations d’alunissage moteur avec profil de poussée représentatif,

  • essais de blindages contre micrométéorites,

  • validation des communications RF et des logiciels de navigation et d’atterrissage,

  • tests complets de l’ascenseur lunaire en collaboration avec Axiom Space,

  • et démonstrations du système médical embarqué et de la télémédecine.

Vue embarquée d’un Starship pendant la réentrée atmosphérique, avec les surfaces de contrôle chauffées.
Les tests de rentrée du Starship permettent de valider les matériaux et le contrôle aérodynamique avant les futures missions habitées. Crédit: SpaceX

Les prochaines étapes : vols longue durée et transfert d’ergols

La grande innovation du Starship réside dans sa capacité à se ravitailler en orbite. Avant chaque mission lunaire, plusieurs Starships serviront de « tanker » pour transférer du méthane et de l’oxygène liquide vers le HLS en orbite terrestre. Cette technologie — inédite à cette échelle — doit être validée dès 2026, lors d’une démonstration de transfert d’ergols entre deux Starships.

Un premier vol longue durée permettra également de tester le stockage du propergol sur plusieurs jours et le comportement thermique des réservoirs en microgravité.

Ces deux jalons seront décisifs : ils prouveront la faisabilité du modèle de mission Artemis, basé sur des ravitaillements orbitaux avant le départ vers la Lune.

Vue du sas pressurisé du Starship HLS, utilisé pour les sorties extravéhiculaires sur la Lune.
Le sas du HLS permettra aux astronautes de préparer leurs sorties lunaires en toute sécurité. Crédit: SpaceX

Une cabine habitée en construction

SpaceX assemble actuellement un Starship HLS doté d’une cabine fonctionnelle : systèmes avioniques et électriques réels, contrôle environnemental, gestion thermique, communications, équipements médicaux et interfaces équipage.

Ce prototype « apte au vol » servira à la fois aux tests intégrés et à la formation des futurs astronautes d’Artemis III.

Une étape clé vers la présence humaine permanente

Le Starship HLS n’est pas qu’un module d’alunissage : c’est un véritable habitat mobile qui ouvre la voie à une présence continue sur la Lune.

Capable de livrer jusqu’à 100 tonnes de matériel, il pourrait transporter des rovers pressurisés, des habitats gonflables ou même des réacteurs pour alimenter une future base au pôle Sud lunaire.

C’est cette approche logistique — lourde, modulaire et réutilisable — qui distingue SpaceX de tous les programmes précédents.

Le Starship HLS sera la première brique d’un écosystème lunaire complet, et, à terme, le modèle de référence pour les missions martiennes.

Le Starship HLS de SpaceX sur son pas de tir à Cape Canaveral, prêt pour les essais orbitaux.
Le Starship HLS sera lancé depuis la Floride pour ses futures missions lunaires dans le cadre d’Artemis. Crédit: SpaceX

En résumé

Le Starship HLS incarne une rupture totale dans la conception des vaisseaux habités :
✅ réutilisable,
✅ ravitaillable,
✅ gigantesque,
✅ pensé pour durer.

S’il tient ses promesses, il ne se contentera pas de ramener l’humanité sur la Lune : il posera les fondations d’une ère où vivre et travailler au-delà de la Terre deviendra une réalité.

Source

Les annonces publiées par SpaceX le 30/10/2025 sont ici.