Le rover VIPER de la NASA ira rechercher de l’eau sur la Lune
En octobre 2019, la NASA annonçait le lancement prochain de VIPER (Volatiles Investigating Polar Exploration Rover), un rover destiné à explorer le pôle sud de la Lune à la recherche de glace d’eau. Conçu comme une mission clé du programme Artemis, VIPER devait ouvrir la voie à l’utilisation des ressources lunaires par les astronautes.
Mais après plusieurs années de reports, la mission a connu un retournement brutal : en 2024, la NASA annonçait l’annulation pure et simple du projet, au grand désarroi de la communauté scientifique. Contre toute attente, VIPER connaît aujourd’hui un second souffle : il devrait finalement s’élancer vers la Lune en 2027, grâce à un nouveau partenariat avec Blue Origin.
Une annulation jugée « indéfendable »
En juillet 2024, alors que le rover était déjà presque entièrement assemblé, la NASA annonçait qu’elle mettait fin au projet VIPER. Plusieurs raisons furent invoquées :
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des dépassements de coûts et de calendrier, le lancement initialement prévu en 2022 ayant déjà glissé à 2025
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la nécessité de préserver l’équilibre budgétaire du programme Artemis et des autres missions lunaires,
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l’évaluation du risque que la poursuite du projet retarde d’autres priorités.
Le choc fut immense : VIPER représentait un investissement de plus de 450 millions de dollars, et son rôle scientifique était considéré comme crucial. Plusieurs chercheurs dénoncèrent une décision « indéfendable », soulignant que le rover était unique pour comprendre la répartition et l’accessibilité des glaces polaires lunaires. Certains parlementaires américains demandèrent même des explications officielles à la NASA.
Des alternatives envisagées
Après cette annulation, la NASA annonça une « fermeture ordonnée » du projet, tout en cherchant des partenariats privés ou internationaux pour reprendre le rover « en l’état ». Parallèlement, des missions alternatives comme PRIME-1 furent avancées pour compenser partiellement les objectifs scientifiques de VIPER.
L’atterrisseur Griffin, construit par la société Astrobotic et initialement chargé de déposer VIPER sur la Lune, poursuivit son développement. Pour ne pas voler à vide, il accueillera finalement un autre engin : le rover FLIP de la société Venturi Astrolab, appelé à réaliser une partie des explorations prévues au pôle sud.
Le retour inattendu : Blue Origin transportera VIPER
La véritable surprise est intervenue en septembre 2025. La NASA a annoncé la signature d’un contrat CLPS (Commercial Lunar Payload Services) avec Blue Origin pour la livraison de VIPER sur la Lune. Ce contrat, d’une valeur estimée à 190 millions de dollars, prévoit le transport du rover à bord du nouvel atterrisseur Blue Moon MK1, lancé par la fusée New Glenn.
Si le calendrier est respecté, VIPER pourrait s’élancer en 2027 vers le pôle sud lunaire. Toutefois, le succès de cette mission dépendra fortement du premier vol de Blue Moon MK1 : si ce vol test échoue, l’option de transporter VIPER pourrait être annulée.

Ce que VIPER apportera à la science lunaire
VIPER conserve la même mission scientifique que celle annoncée en 2019 :
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prospecter le sol jusqu’à un mètre de profondeur grâce à son foret Trident,
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utiliser son spectromètre à neutrons pour détecter les zones riches en glace,
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analyser des échantillons in situ avec ses instruments embarqués,
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cartographier la répartition de la glace dans les cratères en ombre permanente du pôle sud.
Ces données seront essentielles pour le programme Artemis, dont l’objectif est d’établir une présence humaine durable sur la Lune. L’exploitation des ressources in situ (ISRU), comme l’eau transformée en oxygène, en eau potable ou en carburant, pourrait réduire considérablement les coûts et la dépendance vis-à-vis des livraisons depuis la Terre.
Une mission symbole de résilience
L’histoire de VIPER illustre les tensions permanentes entre ambitions scientifiques, contraintes budgétaires et innovation industrielle. D’abord mission phare, annulée au seuil de son achèvement, puis ressuscitée grâce à un partenariat commercial, VIPER pourrait bien devenir l’un des symboles de la nouvelle ère lunaire.
Les prochains mois seront décisifs. Le succès du premier vol de Blue Moon MK1 sera le véritable juge de paix pour confirmer ce « retour de VIPER ». Si tout se déroule comme prévu, ce rover qui a survécu à sa propre annulation pourrait enfin remplir sa mission : révéler les secrets de l’eau lunaire, ressource clé pour l’avenir de l’exploration spatiale.
Source
L’article de la NASA publié le 19/09/2025 concernant le contrat avec Blue Origin est ici.
Article publié le 07/11/2019
Le rover VIPER de la NASA ira rechercher de l’eau sur la Lune
La NASA prévoit de faire alunir en décembre 2022 le rover VIPER (pour Volatiles Investigating Polar Exploration Rover). Il se posera au pôle sud de notre satellite naturel pour y rechercher et cartographier l’eau présente en surface et en sous-sol.
Pour y parvenir cet astromobile de la taille d’une voiturette de golf pourra parcourir plusieurs kilomètres durant une centaine de jours. Il sera équipé de quatre instruments dont une foreuse (Trident) capable d’atteindre un mètre de profondeur et d’un spectromètre, appelé NSS, pour détecter les zones «mouillées» situées sous la surface. Deux instruments pourront ensuite étudier les échantillons. Les scientifiques de la NASA visent le pôle sud de la Lune car ils ont la certitude de la présence de glace d’eau. Ils supposent même que la Lune aurait des réservoirs de glace d’eau pouvant atteindre des millions de tonnes. Daniel Andrews, chef de projet de la mission VIPER et directeur de l’ingénierie du centre de recherche Ames de la NASA, dans la Silicon Valley déclare :
«La clé de la vie sur la Lune est l’eau – la même chose qu’ici. Depuis la confirmation de la présence de glace d’eau lunaire il y a dix ans, la question est maintenant de savoir si la Lune pourrait réellement contenir la quantité de ressources dont nous avons besoin pour y vivre. Ce rover nous aidera à répondre aux nombreuses questions que nous avons sur l’endroit où se trouve l’eau et sur la quantité à utiliser. »

Pour la toute première fois, la NASA va échantillonner la glace d’eau au même endroit où les prochains astronautes atterriront en 2024, dans le cadre du programme Artemis. Il va préparer le terrain en cartographiant l’emplacement de la glace d’eau et indiquer si elle pourra être suffisamment présente pour servir les futurs missions lunaires.
Source
Le communiqué de presse publié par la NASA le 25/10/2019 est ici
