Mission IM-2 : L’atterrisseur Athena s’est posé sur la Lune… mais sur le côté

Athena s’est posé sur la Lune… mais sur le côté
Athena s’est posé sur la Lune… mais sur le côté. Crédit : Intuitive Machines

Mission IM-2 : Athena s’est posé sur la Lune… mais sur le côté

Le 6 mars 2025, l’atterrisseur lunaire Athena, développé par la société américaine Intuitive Machines, a tenté un nouvel exploit dans le cadre de la mission IM-2. Son objectif était de se poser en douceur près du pôle Sud lunaire, une région d’intérêt stratégique pour l’exploration future et la recherche de glace d’eau. Après une descente sous haute tension, Athena a bien atteint la surface de la Lune, à seulement 250 mètres du site visé. Cependant, l’enthousiasme initial a vite laissé place à l’incertitude. Des problèmes techniques rencontrés lors de la phase finale de l’atterrissage ont conduit le module à se poser sur le côté, compromettant son bon fonctionnement. Cet événement rappelle que l’alunissage reste un défi technologique majeur, même avec les avancées modernes. Quelques jours seulement avant Athena, la mission Blue Ghost de Firefly Aerospace avait réussi un atterrissage lunaire devenant ainsi la première entreprise privée à y parvenir. Chaque tentative apporte son lot d’enseignements, mais aussi de risques, comme le montrent les incidents répétés rencontrés par les atterrisseurs commerciaux.

Le déroulement de l’alunissage

Le 6 mars 2025, après plusieurs jours de voyage depuis la Terre, l’atterrisseur Athena entame sa descente finale vers la surface lunaire. L’objectif est clair : se poser en douceur sur le plateau de Mons Mouton, à environ 160 km du pôle Sud lunaire, une région clé pour l’exploration future en raison de la possible présence de glace d’eau.

La Mission IM-2 en orbite lunaire basse
La Mission IM-2 en orbite lunaire basse, le 3 mars 2025. Crédit: Intuitive Machines

Une descente sous haute tension

Tout semblait se dérouler comme prévu lorsque Athena a initié sa phase de freinage à l’approche de la surface. L’atterrisseur devait utiliser un système de navigation laser pour ajuster sa trajectoire et détecter un point d’atterrissage sûr. Cependant, une anomalie s’est rapidement manifestée : le système de navigation principal n’a pas fonctionné comme prévu, forçant les équipes au sol à activer un mode de secours utilisant un altimètre différent.

Un atterrissage réussi… mais imparfait

Malgré ces complications techniques, Athena est parvenu à toucher la surface lunaire, mais pas exactement comme prévu. L’atterrisseur s’est posé à environ 250 mètres du site cible, ce qui reste une prouesse technique. Toutefois, une nouvelle incertitude est apparue : des signaux envoyés par l’engin suggéraient qu’il ne reposait pas sur ses pieds, mais qu’il s’était incliné ou couché sur le côté. Les premières tentatives de communication avec Athena ont confirmé qu’il était toujours fonctionnel et qu’il pouvait transmettre des données. Cependant, cette position inhabituelle compromettait ses capacités opérationnelles, notamment l’orientation de ses panneaux solaires, essentiels pour son alimentation en énergie.

L'atterrisseur Athena s'est posé sur le côté
Le 6 mars 2025, la mission IM-2 d’Intuitive Machines a capturé une image après son atterrissage dans un cratère près du pôle Sud lunaire. L’atterrisseur repose sur le côté, à environ 250 mètres du site d’atterrissage prévu, Mons Mouton. Au centre de l’image, entre les deux jambes de l’atterrisseur, se trouve l’ensemble d’instruments Polar Resources Ice Mining Experiment 1 (PRIME-1), où l’on peut voir la foreuse déployée. Crédit : Intuitive Machines

Un atterrisseur opérationnel mais limité

L’alunissage d’Athena sur le côté a eu des conséquences immédiates sur les opérations prévues, limitant fortement les capacités de l’atterrisseur et menant à une fin prématurée de la mission. Peu après le contact avec la surface, Intuitive Machines a confirmé que Athena était toujours fonctionnel et qu’il pouvait transmettre des données. Toutefois, son orientation inclinée posait un problème majeur : les panneaux solaires, conçus pour être déployés à la verticale, n’étaient pas correctement exposés au Soleil. Cela a limité l’alimentation en énergie de l’atterrisseur, réduisant drastiquement sa durée de vie opérationnelle.

Des expériences scientifiques compromises

L’atterrisseur transportait plusieurs instruments scientifiques et charges utiles pour la NASA et des entreprises privées. Parmi les expériences les plus attendues :

  • TRIDENT : une foreuse conçue pour extraire des échantillons du sol lunaire à la recherche de glace d’eau. En raison de la position inclinée d’Athena, il est peu probable que cet instrument ait pu être utilisé efficacement.
    MSolo : un spectromètre de masse destiné à analyser la composition chimique de la surface lunaire.
  • Rover MAPP de Lunar Outpost : un petit rover qui devait explorer l’environnement proche de l’atterrisseur. Son déploiement était impossible avec Athena couché sur le côté.

La NASA a tout de même confirmé avoir reçu 250 mégaoctets de données.

Fin prématurée de la mission

Face à ces difficultés, Intuitive Machines a annoncé la fin de la mission quelques heures après l’atterrissage. L’incapacité de Athena à recharger ses batteries a scellé son sort, le condamnant à une extinction rapide.

Un succès partiel malgré un atterrissage imparfait

Bien que l’atterrissage ne se soit pas déroulé comme espéré, Athena est tout de même devenu le premier atterrisseur commercial à se poser aussi près du pôle Sud lunaire. Cette prouesse technique confirme la capacité d’Intuitive Machines à concevoir des véhicules capables d’atteindre des sites d’intérêt stratégique pour l’exploration future. L’entreprise a également démontré qu’elle pouvait s’adapter en temps réel aux imprévus : en basculant sur un mode de navigation alternatif après la défaillance du système principal, Athena a évité un crash et a réussi à se poser en douceur, bien qu’avec une orientation problématique.

Vers la mission IM-3 et au-delà

Malgré cet échec partiel, Intuitive Machines ne compte pas s’arrêter là. La mission IM-3, prévue pour 2026, doit elle aussi se poser près du pôle Sud lunaire. Forte des enseignements tirés de Athena, l’entreprise pourra optimiser son approche et corriger les faiblesses de ses systèmes d’atterrissage. La NASA, qui compte sur des partenariats privés pour développer l’exploration lunaire, analysera également cet incident afin d’affiner ses exigences techniques. Avec le programme Artemis en ligne de mire, chaque mission comme IM-2 apporte des données précieuses pour préparer les premiers pas des astronautes sur la Lune dans les prochaines années. Avec IM-3 et les prochaines étapes du programme Artemis en préparation, l’objectif reste clair : maîtriser l’atterrissage sur la Lune pour ouvrir la voie à une présence humaine durable sur notre satellite. Malgré son destin écourté, Athena aura contribué à cette ambition en apportant des données précieuses pour l’avenir de l’exploration lunaire.

Source

L’article publié par la NASA concernant les données reçues est ici et les communiqués de presse publiés par Intuitive Machines concernant la mission IM-2 sont ici.