Comète interstellaire 3I/ATLAS (C/2025 N1) : activité accrue, précisions orbitales et clarification des rumeurs
Article initial publié le 3 juillet 2025 — mis à jour le 5 octobre 2025
Depuis sa découverte par le réseau de télescopes ATLAS le 1er juillet dernier, la comète interstellaire 3I/ATLAS continue de captiver la communauté scientifique. À l’approche de son passage au plus près du Soleil, prévu entre le 29 et le 30 octobre 2025, les observations réalisées par la NASA, l’ESA, le Gran Telescopio Canarias (GTC) et le télescope Gemini Sud ont permis d’affiner notre compréhension de cet objet venu d’un autre système stellaire.
Une trajectoire mieux définie
Les dernières données publiées par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) confirment la nature interstellaire de 3I/ATLAS. Son orbite hyperbolique, dont l’excentricité est désormais évaluée à 6,1 ± 0,01, indique clairement qu’elle ne reviendra pas dans notre Système solaire après son passage. La comète se déplace actuellement à environ 57 km/s par rapport au Soleil et atteindra son périhélie à 1,36 unité astronomique, soit à peu près la distance moyenne entre le Soleil et Mars.

Contrairement à certaines spéculations récentes, aucune déviation de trajectoire n’a été détectée. Les mesures radar et optiques confirment que la comète poursuit sa route sans changement significatif de cap, et ne s’approchera jamais à moins de 1,8 UA de la Terre.
Une activité cométaire de plus en plus visible
Au fur et à mesure que 3I/ATLAS se rapproche du Soleil, son activité s’intensifie. Le télescope spatial SPHEREx, récemment mis en service par la NASA, a détecté une forte émission de dioxyde de carbone (CO₂) et de cyanogène (CN), deux gaz couramment observés dans les comètes “classiques”. Ces observations issues des spectres infrarouges détectés (SPHEREx) semble suggérer que la surface du noyau contient encore des glaces volatiles capables de se sublimer malgré des milliards d’années d’exposition au rayonnement interstellaire.

Les observations réalisées par le télescope spatial Hubble ont permis d’estimer la taille du noyau solide de 3I/ATLAS. D’après les mesures photométriques publiées par la NASA, le diamètre maximal du noyau est évalué à environ 5,6 kilomètres, tandis que sa taille réelle pourrait être nettement plus petite, jusqu’à environ 300 mètres, selon les hypothèses retenues sur la réflectivité (albédo) de sa surface.

Clarification face aux rumeurs de “vaisseau extraterrestre”
Je ne pensais écrire ce genre de paragraphe concernant ce visiteur mais autant faire une clarification. Plusieurs médias ont relayé des hypothèses évoquant un comportement “inhabituel” de la comète, comparant même 3I/ATLAS à l’objet ʻOumuamua découvert en 2017. Cette agitation s’est amplifiée après la publication d’un article de l’astrophysicien Avi Loeb, qui a brièvement envisagé — à titre purement spéculatif — une origine artificielle possible si certaines accélérations non gravitationnelles se confirmaient.
Le journal de l’Espace revient sur les rumeurs concernant 3I/ATLAS (1,19 mn)
Cependant, les données actuellement disponibles ne soutiennent aucune de ces hypothèses extraordinaires. La NASA, l’ESA et plusieurs observatoires indépendants ont officiellement confirmé que 3I/ATLAS est un objet naturel, dont la dynamique et la composition sont parfaitement compatibles avec celles d’une comète interstellaire. Aucune émission radio anormale, ni aucune accélération inexpliquée, n’ont été détectées.
Un témoin unique du milieu interstellaire
Les chercheurs considèrent désormais 3I/ATLAS comme la première comète interstellaire active observée avec un tel niveau de détail. Sa composition chimique, dominée par le CO₂ et les poussières carbonées, laisse penser qu’elle provient d’un système planétaire formé dans un environnement riche en glaces volatiles. Les comparaisons en cours avec la comète 2I/Borisov permettront d’évaluer dans quelle mesure la chimie du milieu interstellaire influence la formation des comètes et des planètes.
Au-delà des spéculations, 3I/ATLAS représente donc une occasion scientifique exceptionnelle : celle d’observer un fragment intact d’un autre système stellaire, porteur d’indices sur la diversité des mondes qui peuplent notre galaxie.
Source
Retrouvez les dernières informations sur le site de la NASA ici
Article publié le 04/07/2025
3I/ATLAS : une comète interstellaire traverse notre Système solaire
Les objets interstellaires, venus d’au-delà de notre Système solaire, fascinent astronomes et grand public depuis la première détection de ʻOumuamua en 2017, suivie de la comète 2I/Borisov en 2019. Aujourd’hui, une troisième visite est confirmée : la comète interstellaire 3I/ATLAS (C/2025 N1) traverse actuellement notre voisinage cosmique, offrant une opportunité exceptionnelle de mieux comprendre l’univers au-delà de notre Soleil.

Découverte récente et confirmation rapide
La comète 3I/ATLAS a été découverte le 1er juillet 2025 grâce au réseau de télescopes ATLAS situé à Rio Hurtado, au Chili. Rapidement, son orbite hyperbolique, caractérisée par une très forte excentricité (près de 6), a confirmé son origine extérieure à notre Système solaire. En analysant des archives, les astronomes ont pu retracer sa trajectoire jusqu’au 14 juin, consolidant ainsi la certitude qu’il s’agit bien d’un corps céleste venu d’un autre système stellaire.
ESA’s astronomers are actively tracking 3I/ATLAS, which is now the third confirmed interstellar comet to pass through our Solar System!
More info at: https://t.co/ARzYu9snS8 pic.twitter.com/jNYriTvluC
— ESA Operations (@esaoperations) July 3, 2025
Caractéristiques fascinantes de 3I/ATLAS
Cette comète interstellaire se distingue par une vitesse exceptionnelle d’environ 60 km/s, battant ainsi les records établis par ses prédécesseurs. Son noyau actif semble mesurer entre quelques kilomètres et une vingtaine de kilomètres de diamètre. Contrairement à ʻOumuamua, 3I/ATLAS présente une coma (ou chevelure) visible ainsi qu’une petite queue, caractéristiques typiques des comètes, bien que l’activité observée soit modérée.
L’ESA en première ligne
Dès la détection de la comète interstellaire 3I/ATLAS, le Bureau de défense planétaire de l’Agence spatiale européenne (ESA) a mobilisé ses systèmes automatisés. Grâce à ces analyses rapides et à des recherches dans des archives astronomiques (« précovery »), l’ESA a pu confirmer avec précision l’origine interstellaire de l’objet et écarter rapidement tout risque pour la Terre.
Origine et trajectoire
Selon les premières analyses, 3I/ATLAS proviendrait des régions éloignées de notre galaxie, probablement en direction de la constellation du Sagittaire. Actuellement située à environ 4,5 UA (soit près de 670 millions de kilomètres) du Soleil, elle atteindra son point le plus proche du Soleil, appelé périhélie, entre le 29 et le 30 octobre 2025, à environ 1,38 UA. À aucun moment elle ne s’approchera à moins de 1,6 UA (environ 240 millions de kilomètres) de la Terre, ce qui garantit qu’elle ne représente aucun danger pour notre planète.
Une occasion scientifique exceptionnelle
L’arrivée de 3I/ATLAS mobilise actuellement des équipes internationales d’astronomes. La NASA, l’Agence spatiale européenne (ESA), le Gran Telescopio Canarias (GTC) et la Zwicky Transient Facility (ZTF), entre autres, multiplient les observations. Cette mobilisation exceptionnelle vise à mieux comprendre la composition chimique, les caractéristiques physiques, et l’origine exacte de cet objet venu d’une autre étoile. La comparaison de ses propriétés avec celles de 2I/Borisov et ʻOumuamua pourrait ainsi fournir des indices précieux sur la formation et l’évolution des systèmes planétaires dans notre galaxie.
La découverte de 3I/ATLAS renforce l’idée que les objets interstellaires ne sont peut-être pas aussi rares qu’on le pensait. Cette comète offre une fenêtre unique pour étudier la diversité de la matière extrasolaire, nous aidant à mieux comprendre non seulement l’origine de notre propre Système solaire, mais aussi l’incroyable diversité des mondes potentiels disséminés dans notre galaxie. Alors que nous attendons avec impatience son passage au périhélie fin octobre, 3I/ATLAS est déjà entrée dans l’histoire de l’astronomie, promettant de révéler d’importants secrets sur les mondes lointains qui nous entourent.
Source
Retrouvez un article publié par la NASA le 01/07/2025 ici et un article de l’ESA publié le 03/07/2025 ici






