Session ministérielle : Un budget record pour l'ESA, Arianespace rassurée

Session ministérielle : Un budget record pour l’ESA, Arianespace rassurée

Session ministérielle : Un budget record pour l’ESA, Arianespace rassurée

Suite à la session ministérielle Space19+, qui s’est déroulée à Séville en Espagne, l’Europe a alloué un budget record pour l’ESA avec pas moins de 14,4 milliards d’euros pour la période 2020 – 2025 (dont 12,5 pour les trois prochaines années), réparti entre les 22 états membres. On notera qu’avec 3,3 milliards d’euros l’Allemagne devient le premier contributeur devant le leader historique du spatial européen, la France, avec 2,66 milliards. L’Italie avec 2,28 milliards continue sa montée en puissance. Arianespace a été rassurée concernant la transition vers Ariane 6 et Vega C. Le projet du véhicule spatial réutilisable (Space Rider) a également été confirmé. On notera aussi la volonté de faire participer des astronautes européens aux futures missions lunaires, de continuer la surveillance climatique, la gestion des débris spatiaux et le développement des communications (Galileo). Les missions scientifiques ne sont pas en restes puisque LISA, le premier observatoire spatial d’ondes gravitationnelles et Athena, qui consistera notamment à étudier les trous noirs ont obtenu le financement pour être menées à bien. En résumé, L’ESA a obtenu le financement de toutes ses missions pour les prochaines années et Arianespace va pouvoir continuer son évolution.

Dans le détail voici le communiqué de presse publié par l’ESA : Le Conseil de l’Agence spatiale européenne, réuni à Séville (Espagne) à l’occasion de sa session ministérielle Space19+, a entériné un plan d’une ampleur exceptionnelle pour l’avenir de l’ESA et de l’ensemble du secteur spatial européen. La réunion a rassemblé des ministres responsables des affaires spatiales en Europe ; le Canada était également représenté, ainsi que l’Union européenne, présente en qualité d’observateur. Les États membres de l’ESA ont été invités à approuver un vaste ensemble de programmes servant les ambitions suivantes : garantir, pour les années 2020, l’autonomie de l’Europe en matière d’accès à l’espace et d’utilisation de ce dernier, stimuler la croissance de l’économie spatiale européenne, et faire des découvertes décisives pour notre connaissance de la Terre, de notre Système solaire et de l’Univers. Sans oublier un enjeu essentiel : intensifier les efforts déjà entrepris pour assurer la sécurité et la protection de notre planète.

La répartition du budget de l'ESA
La répartition du budget de l’ESA pour la période 2020-2024.

Pour la première fois depuis 25 ans, une augmentation budgétaire significative a été accordée au Programme scientifique, dont les succès, salués dans le monde entier, fascinent le grand public et nous permettent d’en savoir toujours davantage sur notre Univers et ses origines. L’ESA pourra ainsi mettre en orbite LISA, le premier observatoire spatial d’ondes gravitationnelles, mener à bien la mission Athena – qui consistera notamment à étudier les trous noirs – et faire avancer considérablement notre compréhension des phénomènes physiques fondamentaux de l’Univers. Les États ont également investi dans la préparation des missions à venir, en allouant des financements supplémentaires conséquents aux activités de recherche et développement, ainsi qu’aux laboratoires de l’ESA. Aux côtés de ses partenaires internationaux, l’Europe continuera à repousser les frontières de l’exploration spatiale, en maintenant sa participation aux activités de la Station spatiale internationale jusqu’en 2030, et en mettant au point des modules de transport et d’habitation cruciaux pour le Gateway, projet inédit de station orbitale lunaire. Les astronautes de l’ESA recrutés en 2009 continueront à être affectés à des missions jusqu’à ce qu’ils aient tous effectué un deuxième séjour dans l’espace ; en parallèle, la procédure de recrutement d’une nouvelle promotion sera lancée, en vue de la poursuite des activités européennes d’exploration en orbite terrestre basse et au-delà. Des astronautes européens s’envoleront à destination de la Lune pour la première fois, et les ministres ont confirmé la participation de l’Europe à une mission pionnière de retour d’échantillons martiens, en coopération avec la NASA.

L’Agence spatiale européenne permettra aux entreprises innovantes et aux gouvernements des États membres de tirer parti de l’exploitation commerciale de l’espace, et favorisera ainsi la compétitivité de l’Europe dans le contexte du NewSpace. Elle développera les premiers systèmes satellitaires entièrement flexibles, conçus pour être intégrés dans les réseaux 5G, ainsi que des technologies optiques de prochaine génération, destinées au réseau communément appelé « fibre optique de l’espace ». Ces innovations marqueront un tournant dans le secteur des télécommunications par satellite. En mettant ces technologies au service de la navigation, l’Agence commencera à mettre au point des systèmes de navigation destinés à l’exploration de la Lune. Le programme NAVISP aura quant à lui un effet plus direct sur nos vies quotidiennes, puisqu’il cofinancera des projets d’applications commerciales utilisant des technologies de navigation.

La répartition du budget de l'ESA
La répartition du budget de l’ESA en fonction des pays.

Dans le domaine du transport spatial, les ministres ont veillé à ce que la transition avec la prochaine génération de lanceurs – Ariane 6 et Vega C – se fasse sans heurts, et ont donné leur feu vert à la poursuite du projet Space Rider, qui dotera l’Europe d’un véhicule spatial réutilisable. Les États membres de l’ESA se sont engagés en faveur d’une utilisation responsable de l’environnement, sur notre planète comme dans l’espace. Dans le domaine de l’observation de la Terre, l’ESA confortera sa position de chef de file mondial en mettant en œuvre 11 nouvelles missions, portant notamment sur des thèmes liés au changement climatique, à l’Arctique et à l’Afrique. Parmi les grands enjeux de la Space19+, on citera également l’adoption d’un nouveau programme consacré à la sécurité spatiale, ce thème devenant ainsi l’un des principaux axes des activités de l’Agence. Les projets correspondants viseront à conserver un environnement spatial opérationnel – en éliminant des débris dangereux et en automatisant le contrôle du trafic spatial – et à mettre en place un système d’alerte précoce et de prévention des dégâts que pourraient causer sur Terre des astéroïdes, des éruptions solaires ou d’autres phénomènes d’origine spatiale. La mission Hera, qui sera menée en collaboration avec la NASA, permettra d’expérimenter une technologie de déviation d’astéroïde. Les États ont également confirmé leur volonté d’investir dans la cyberrésilience et la formation dans le domaine de la cybersécurité. Dans les années à venir, l’ESA entend également renforcer sa relation avec l’Union européenne et progresser encore en matière d’agilité, d’efficacité et d’efficience. Jan Wörner, Directeur général de l’ESA déclare !

Réunir autour d’une table tous nos États membres, soit vingt-deux gouvernements dont les représentants changent régulièrement, et les inviter à s’entendre sur des projets d’une telle envergure pour écrire ensemble l’avenir du secteur spatial : de prime abord, la mission peut sembler impossible. Pourtant, ces deux derniers jours, à Séville, nous avons su relever ce défi. Si cela a été possible, c’est parce que nous travaillons main dans la main pour concevoir des programmes fructueux, parce que toutes les parties prenantes ont fourni un effort considérable, au cours d’un processus décisionnel long et rigoureux, auquel ont pris part la communauté scientifique, l’industrie et les délégations nationales. Ensemble, nous avons posé les fondations des projets à venir, dont les mots d’ordre seront inspiration, compétitivité et responsabilité. Fortes de leurs succès passés, l’ESA et l’Europe vont toujours plus loin et se fixent des objectifs ambitieux, en coopération avec l’industrie spatiale au sens large.

Manuel Heitor, ministre portugais de la Science, de la Technologie et de l’Enseignement supérieur et coprésident de la session Space19+, dresse le bilan de ces deux journées :

La Space19+, qui s’achève aujourd’hui à Séville, a été l’occasion pour nous, ministres des États membres de l’ESA, de prendre des décisions importantes pour consolider la position de l’Europe sur un marché spatial mondial très compétitif. Nous avons approuvé un portefeuille de programmes ambitieux, qui nous permettront de relever les grands défis du secteur. Tous les États membres de l’ESA ont été invités à prendre des engagements fermes, s’inscrivant dans la durée, afin d’assurer la continuité des activités de l’Agence et de renforcer son rôle, en coordination étroite avec la Commission européenne. Ils se doivent également d’accompagner l’ESA dans la modernisation de sa politique industrielle et, plus largement, de prendre les mesures nécessaires pour lui permettre de s’adapter aux mutations d’un secteur spatial dynamique, aux évolutions rapides du marché et à la transformation numérique de la société.

Frédérique Vidal, ministre française de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et également coprésidente de la session ministérielle, ajoute :

La Space19+ a démontré la valeur de l’espace en tant qu’infrastructure essentielle intégrée à notre vie quotidienne. L’excellence du secteur spatial permet à l’Europe de relever collectivement les défis humains et sociétaux tels que le changement climatique, la sûreté et la sécurité dans l’espace.  En adhérant aux programmes, les États membres de l’Agence spatiale européenne ont fait un grand pas en avant pour continuer à relever ces défis mondiaux, tout en inspirant les nouvelles générations. Le haut niveau d’engagements pris à la conférence ministérielle de Séville nous permettra de raffermir l’excellence spatiale européenne tout en nous obligeant collectivement à l’égard de nos concitoyens.

Arianespace a réagi en félicitant les engagements des ministres européens. ArianeGroup et Arianespace saluent les décisions prises en matière d’accès à l’espace par les représentants des Etats européens réunis à Séville pour la conférence de l’Agence spatiale européenne au niveau ministériel. ArianeGroup et ses partenaires industriels européens engagent la transition entre Ariane 5 et Ariane 6 et préparent l’avenir de l’accès européen à l’espace. Ariane 6 est un programme de l’Agence spatiale européenne dont le vol inaugural est prévu au second semestre 2020. Au lendemain du succès de la 250ème Ariane, les décisions de Séville renforcent l’offre de service de lancement d’Arianespace qui commercialise et opère les lanceurs européens Ariane et Vega. (La suite ici).

Source

Le communiqué de presse publié par l’ESA e 28/11/2019 est ici, celui publié par Arianespace est ici. Pour consulter la liste des décisions de la Space19+ ainsi que les montants exacts des contributions de chaque État membre, cliquer sur les liens suivants (en anglais uniquement) : Résolution 1, Résolution 2, Résolution 3, Tableaux